Probablement l’une de choses les plus compliquées : savoir dire stop ! Je ne parle bien évidemment pas de lorsque vous avez suffisamment d’eau dans votre verre. Mais quand les limites sont atteintes, vos propres limites. Avant d’être à même de s’arrêter, il faut connaître son seuil de tolérance, la ligne rouge au-delà de laquelle une situation devient dangereuse pour vous. Chose bien difficile à connaître.

Pour ma part, j’en ai fait l’amère expérience à la fin de l’année 2015. Quelques signes étaient apparus les mois précédents, mais je n’y avais pas trop prêté attention. De toute façon je devais faire avec, pas le choix !

(Crédit photo Pixabay)

Mais que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui a tout déclenché ? Certains parleront d’un burn-out, mais je ne pense pas, mes soucis étant bien plus profonds et antérieurs. Depuis plusieurs années (une quinzaine approximativement), je souffre d’une forte anxiété qui se manifestait par un mal-être généralisé et des attaques de paniques régulières. Sauf qu’ayant l’habitude de ne pas me plaindre et de ne surtout pas vouloir inquiéter mes proches, je ne disais rien. Cela allait bien finir par passer…

Grossière erreur ! Ce mal-être s’est accumulé, accentué avec de plus en plus de symptômes difficilement vivables (douleurs intercostales, attaques de panique intenses, sensations de mort imminente…). Le point de non-retour a été atteint, fin 2015, depuis quelques semaines j’avais déjà une intense fatigue physique que je n’arrivais pas à résorber. Mais l’alerte est venue lorsque j’ai débuté un nouvel emploi en novembre, qui aurait pu être une expérience plus qu’intéressante dans un célèbre parc d’attraction où j’arrivais enfin à concilier ma formation professionnelle initiale, un univers qui me passionne et un retour en région parisienne.

Sauf qu’en plus de cette fatigue physique intense (que le sommeil et un traitement ne réglaient pas), c’est une fatigue psychique qui s’est installée. Mais quand je parle de fatigue psychique, ce ne sont pas des mots en l’air. Non seulement je ne supportais rien ni personne (pourtant je suis de nature tolérante et le cas échéant quelqu’un qui a du répondant) mais surtout je ne comprenais ni n’enregistrais plus rien. Et pourtant, on ne peut pas dire que ce que l’on me demandait au boulot était compliqué. Mais rien à faire : un QI d’huitre !

J’ai tout d’abord paniqué, car sans prétention aucune, j’ai toujours eu des facilités à apprendre et à comprendre. À l’école je n’avais pas besoin d’apprendre, il me suffisait d’écouter le professeur et éventuellement de relire rapidement le cours (d’où le fait que je ne suis pas capable de prendre des notes, je n’ai jamais eu à le faire) et c’était bon. Alors d’un coup, lorsque vous n’êtes plus capable de vous souvenir qu’il faut sortir la combinaison noir pour les méchants et la grise pour le héros ou que le canard ressort à droite de la scène que vous devez l’y attendre. Il y a comme un malaise…

J’ai donc enfin dit STOP ! Avec perte et fracas, mais c’était ma sécurité voir ma vie qui était en jeu. Interruption du contrat, retour à la maison et direction le médecin de famille. Dans un premier temps, je lui ai demandé une hospitalisation en psychiatrie pour un bilan complet et être au calme dans un endroit neutre. Après discussion, nous nous sommes orientés vers une consultation avec un psychiatre qui serait plus à même de juger si l’hospitalisation était nécessaire ou qu’une thérapie conviendrait avec le cas échéant un traitement.

C’est donc ainsi qu’en janvier 2016, j’ai poussé pour la première fois la porte du cabinet du Docteur B. et que beaucoup de choses allaient changer. Mais ça, je vous en parlerai prochainement…

Je voudrais terminer cet article sur un point on ne peut plus important, et sur lequel j’ai appris à mes dépends : n’ayez pas peur de vous écouter, votre corps et votre esprit vous envoient des messages, prenez le temps de les analyser, de les comprendre ; et s’il le faut parlez en à votre médecin, une infirmière, un pharmacien… Qui que ce soit qui vous semble réceptif (et compétent). C’est très important ! Même si vous avez l’impression que ce n’est rien, qu’il y a plus grave dans la vie, faites-le.

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